Charte de paysage & d’urbanisme - capcir

Les enjeux


La variété des paysages urbains
De nombreux facteurs contribuent à la diversité des paysages urbains rencontrés dans le Parc, tant du point de vue de l’organisation urbaine que de la typologie des constructions. La diversité des sites et des historiques des différentes communes confère à chacune d’elles une spécificité qui doit être évaluée et prise en compte.

Le relief du Capcir

Région habitée la plus élevée de la Catalogne Nord, cette plaine pyrénéenne tournée vers l'Ariège présente les caractéristiques suivantes :

  • les massifs montagneux du Carlit et du Madres-Coronat sont importants ;
  • la couverture forestière est large ;
  • la présence d’une faune et d’une flore encore préservées et sauvage ;
  • une plaine où s’égrainent les villages sur les versants ensoleillés.

Les climats

Sa haute altitude et son climat rigoureux font du Capcir une terre d’élevage et d’exploitation des forêts.

L’habitat

L’habitat rural lié à l’agriculture est, lui, en voie de disparition ainsi que les pratiques qui l’ont engendré. Les mutations du monde agricole ont rendu obsolètes la plupart des formes d’exploitations rurales. La mécanisation a forcé à la spécialisation des activités, induit le regroupement foncier ou la déprise des terres difficiles.

Les nouvelles formes d’habitat

Le récent renversement de la tendance démographique (1980/90) qui ramène dans les villages ou leurs abords ceux qui quittent la ville ont constitué une nouvelle forme d’habitat. Un nouveau rapport s’est instauré entre les arrivants, leur environnement et leur habitat : affranchissement du contexte, déstructuration et banalisation des paysages.
D’un point de vue architectural, les volumes se sont ouverts, schématisés, et le terrain devient le simple support de la maison.
Le décalage entre le caractère rural initial et la destination essentiellement touristique des constructions nouvelles est ainsi accentué.

Les objectifs et enjeux particuliers

La réhabilitation, la rénovation des constructions anciennes suit le mouvement général de détachement de la ruralité. C’est socialement et techniquement inévitable. Il paraît cependant indispensable de proposer de bonnes références pour la sauvegarde et la mise en valeur des éléments existants lorsqu’ils constituent un enjeu patrimonial intéressant.
Il est à noter que les interventions des services de l’État, du CAUE, des architectes… ravivent ce goût pour le respect et la valorisation du patrimoine.

L’enjeu aujourd’hui est donc de fixer les bonnes pratiques de cette approche de valorisation des patrimoines et les outils ne se trouvent pas uniquement dans les documents d’urbanisme.
(cf. : cahiers de préconisations et guide pratique du Parc des Pyrénées catalanes)


Il s’agira d’une part, de fixer les objectifs visés, les types d’ouvrages devant être conservés, la bonne façon de les réutiliser et de les préserver, les précautions à prendre pour ne pas les dénaturer ; et d’autre part, de prouver que la préservation d’un ouvrage et sa mise en valeur peuvent faire partie d’un programme de réhabilitation où il trouvera son utilité.
Enfin, il faudra trouver les moyens d’un arbitrage statuant sur chaque projet pour évaluer la part à faire aux contingences actuelles et celle qu’on doit conserver au patrimoine commun.
Il s’agit là d’une pratique plus pédagogique que réglementaire, tentant d’intervenir en amont sur les projets, plutôt que de s’en référer au pouvoir de police du maire.

Les impacts sur le paysage

Les situations communales se trouvent parfois très dépendantes de leurs particularités géographiques, historiques ou simplement confrontées à une évolution conjoncturelle marquée, susceptible d’influencer leurs devenirs et leurs paysages. Pour exemple, les communes comportant les stations de ski des Angles, de Formiguères et de Puyvalador ont participé aux mutations territoriales et à un accroissement de l’attractivité locale.
On peut alors constater une polarisation des regards sur la situation communale et son développement.

Ce qui peut conduire à répondre de façon massive à la demande foncière, à la construction de nouveaux immeubles, nouveaux hôtels… dans le but de répondre à une demande et de générer du développement au détriment de quelques principes tels que l’économie de l’espace, la préservation des ressources naturelles, l’optimisation des déplacements, la mixité…

On se heurte alors à deux problèmes :

  • la croissance ne pourra pas être infinie ;
  • le développement urbain n’est pas réversible (ou très difficilement).

Il faut donc être très prudent et la logique économique doit concilier la logique sociale, environnementale et paysagère.
Concevoir et réaliser une ou plusieurs constructions nouvelles doit être envisageable, qu’il s’agisse de nouveaux bâtiments d’exploitation agricole, de logements, de structures d’accueil et de gestion touristique.

Il est alors essentiel de recourir à une méthode de conception qui s’entourera dès le début de toutes les compétences et avis, concernant l’opportunité du projet, son site, son importance ou sa forme



Dossier de restitution : Nathalie DUMONT FILLON et Xavier DAURES;
Crédit photographique : Nathalie DUMONT FILLON, Xavier DAURES et Nicolas PETTINI;
Coordination : Parc naturel régional des Pyrénées catalanes;
Comité de pilotage composé des élus de la Commission urbanisme et aménagement et de monsieur Grégoire VALLBONA - Maire d’Egat,
Vice-président du Parc et Président de la Commission urbanisme et aménagement;
Soutien technique et financier : Conseil Général des Pyrénées Orientales, du Conseil Régional de Languedoc Roussillon, de l’Europe et du programme LEADER +, de l’Etat et notamment de la DIREN Languedoc Roussillon ainsi que de l’ensemble des partenaires du Parc : DDE 66, DDAF 66, Chambre d’Agriculture 66, ONF 66, RTM 66, CAUE 66, SDAP 66, SAFER Languedoc Roussillon, Odit France.