Charte de paysage & d’urbanisme - castellane

Le diagnostic


La charte de paysage de la vallée de la Castellane (avec celle de la vallée du Carol) est la plus petite des six chartes du Parc en nombre de communes. Constituée de quatre communes (Mosset, Molitg-les-bains, Campôme et Catllar), elle est celle dont l’unité de paysage semble être la plus évidente. Le paysage est en effet fondé sur un cours d’eau commun aux quatre communes étagées de Mosset en amont à Catllar en aval.

Approche géographique et paysagère générale

Trois remarques préalables :

➽ les quatre communes concernées possèdent des éléments communs, à commencer par la rivière formant la vallée. De plus, la principale route départementale traverse ce territoire sur un axe Nord-Ouest/Sud-Est relativement parallèle à la Castellane ;

➽ pour que le diagnostic soit bon, il est important de faire une distinction entre les données géographiques, lisibles sur les cartes, et les perceptions des paysages in situ ; l’objectif s’y rattachant étant également de mettre en lumière certains espaces plutôt que d’autres, en fonction des enjeux locaux ou de différentes analyses liées au terrain ;

➽ l’importance des voies : d’une manière globale, on peut considérer qu’il existe une voie principale, conduisant du Col de Jau à Prades en traversant en partie les quatre communes en rive gauche. Il faut cependant mentionner qu’il est possible de traverser la Castellane à Mosset et à Campôme pour relier ces deux villages par la rive droite.

Il est classique de distinguer les deux versants d’une vallée par leur différence d’exposition, de géologie et d’occupation des sols, mais là encore, l’analyse paysagère tiendra plus à nos perceptions visuelles qu’à une analyse précise de l’occupation des sols.

Schématiquement, on peut découper la vallée en parties distinctes :
➽ du col de Jau à l’éperon où est construit le village de Mosset (entrée dans le parc naturel régional). Paysage forestier constitué d’abord de pins à crochets au niveau du col, puis de végétation feuillue dans un environnement de chaos et de rochers. Malgré la présence de quelques peupliers noirs, le hêtre domine ;

➽ de Mosset à Molitg-les-Bains, la vallée s’élargit et l’altitude a diminué. Nous approchons d’un territoire de fond de vallée cultivé où l’arboriculture est importante ;

➽ de Molitg-les-Bains à Catllar : végétation méditerranéenne et les chênes verts notamment. C’est aussi l’endroit où la route devient de plus en plus sinueuse sur de solides enrochements.

Les paysages agricoles

L’agriculture et en particulier l’élevage marque encore très profondément l’histoire de ce paysage : pâturages, animaux, enclos, abris (cortels), et abreuvoirs sont omniprésents.

C’est sur le territoire de Mosset, d’une superficie d’au moins 7 000 ha, que se concentrent la plupart des exploitations. Les configurations de pâturages différent : dans les fonds de la vallée, petites parcelles parfaitement délimitées ; plus diffuses sur les hauteurs.
À noter que deux types d’éleveurs : les professionnels à plein temps ou bi-actifs, et les particuliers possédant des animaux, par exemple des chevaux (loisirs).
La déprise agricole et le changement des pratiques d’élevage se sont accompagnés d’une forte baisse de la pratique du gardiennage des troupeaux en estives et du pâturage itinérant. L’abandon des structures pastorales tels que cortals et orris a également contribué à très nettement modifier un paysage de moins en moins agricole.
Le nombre de terrasses exploitées aujourd’hui est réduit. Les prairies de fauche ne sont plus à la base de l’alimentation des bêtes ; il est donc nécessaire d’acheter du fourrage à l’extérieur.

L’entretien des espaces est complété par le débroussaillage, le gyrobroyage et l’écobuage.
La Vallée de la Castellane fut jusqu’à il y a peu de temps, une terre de tradition arboricole (pommes puis pêches, abricots et cerises depuis 1945). Pour des besoins de mécanisation, l’arboriculture se détourne de cette vallée méditerranéenne et préfère désormais les parcelles plus faciles à cultiver.

 

Les échappées visuelles

 

La traversée de la vallée de la Castellane n’offre pas de vues panoramiques, mais plutôt des vues cadrées : la route est souvent limitée par une vue dissymétrique (vers le versant côté Madres).
Le Madres, bien qu’important sur un plan géographique, n’est pas véritablement visible. Le Canigou, au contraire, avec ses sommets enneigés, domine en arrière plan au-delà de Prades. Et l’arrivée du col de Jau vers Mosset offre une échappée sur cet éperon bâti.

 

Le patrimoine bâti

Un autre aspect concerne le paysage, qu’il soit bâti ou naturel. Dans notre préoccupation paysagère, il faut tenir compte du monument étroitement lié à l’espace qui l’entoure : le moulin et son bief, le château et son village, le cortal et les estives…

À noter également l’importance dans le paysage des ponts et de leurs abords (par exemple le pont de Catllar et ses jardins en terrasses).

Malgré les reliefs de montagne, la population des villages presque exclusivement liée à l’agriculture, a mis en valeur toutes les terres exploitables, y compris sur les penchants abrupts, notamment en construisant de nombreuses terrasses de cultures et en recherchant toute la surface utilisable.

Le réseau des canaux d’arrosage impressionne par la maîtrise de l’eau sur le plan technique et l’organisation sociale de son usage.

Sur un plan visuel, les canaux indiquent souvent une ligne de niveau accompagnée d’un chemin. Les prises d’eau et les vannes peuvent être observées dans l’ensemble du paysage. En effet, l’eau coule… à ciel ouvert.


 

Au-delà des terrasses de cultures, des cortals, des canaux d’irrigation… le paysage permet aussi de découvrir des mégalithes. (Cf. : le Rocher de Fornols haut à Campôme, inscrit monument historique en 1990).



Dossier de restitution : Nathalie DUMONT FILLON et Xavier DAURES;
Crédit photographique : Nathalie DUMONT FILLON, Xavier DAURES et Nicolas PETTINI;
Coordination : Parc naturel régional des Pyrénées catalanes;
Comité de pilotage composé des élus de la Commission urbanisme et aménagement et de monsieur Grégoire VALLBONA - Maire d’Egat,
Vice-président du Parc et Président de la Commission urbanisme et aménagement;

Soutien technique et financier : Conseil Général des Pyrénées Orientales, du Conseil Régional de Languedoc Roussillon, de l’Europe et du programme LEADER +, de l’Etat et notamment de la DIREN Languedoc Roussillon ainsi que de l’ensemble des partenaires du Parc : DDE 66, DDAF 66, Chambre d’Agriculture 66, ONF 66, RTM 66, CAUE 66, SDAP 66, SAFER Languedoc Roussillon, Odit France.