Charte de paysage & d’urbanisme - tet

Le diagnostic


La charte de la vallée de la Têt et de ses affluents est un très vaste territoire composé de trente et une communes réparties sur plusieurs vallées et toutes confluentes dans le fleuve principal : la Têt.

D’une manière générale, cette Vallée est passée d’une dominante rurale à un paysage de plus en plus forestier, mais aussi résidentiel, voire touristique et périurbain. Ainsi constate-t-on une grande mutation des données sociales (question des résidents permanents, urbanisation, offre touristique croissante) et des soucis locaux d’intégration de nouveaux résidents.

Le lien avec le territoire s’estompe au fur et à mesure que notre société glisse comme actuellement vers le secteur tertiaire.

Les éléments communs

La charte de la Têt s’appuie en premier lieu sur un axe principal qui est le fleuve de la Têt, connu pour sa traversée de la montagne à la mer. Mais certaines parties du paysage (certaines communes éloignées de la Têt) ne semblent pas former un tout très homogène. Pour associer ces territoires, il faut donc s’appuyer sur la notion de confluence des vallées.

Outre ce découpage en vallées adjacentes à la Têt, le lien entre route et paysages est essentiel.

Finalement, la notion de paysage va dépasser celle de géographie : la route va se substituer à la vallée car, elle seule, va donner la troisième dimension à un territoire géographique difficile d’accès.

Les périmètres 

Une distinction est faite entre les données géographiques (lisibles sur une carte) et les perceptions des paysages sur place.

Rappelons que le diagnostic n’a pas pour objectif de rassembler toutes les données actuelles, mais de mettre en valeur les perceptions des paysages sur le terrain et les évolutions passées ou futures. Son objectif est aussi de mettre en lumière certains espaces plutôt que d’autres, en fonction des observations et des enjeux locaux.

Il faut également signaler ici l’importance majeure des voies dans la perception des paysages.

Du paysage à l’urbanisme :

La présence d’une succession de villages, perchés et difficiles d’accès, est importante dans l’élaboration du diagnostic. En effet, ce paysage de montagne place toujours la route en décalage par rapport au paysage qui l’entoure. Contrainte de s’inscrire dans le relief, la route suit des tracés sinueux où l’on a l’impression qu’elle cherche toujours à se mettre au niveau du sol réel.
C’est ainsi que l’on se surprend à rechercher le nom du village traversé, afin de mettre un nom sur le parcours et changer d’échelle d’analyse : passer de l’échelle de paysage à celle de l’urbanisme.


Le cas particulier des Garroxtes :

un triangle de trois accès dont un, facilité au Nord par Matemale et le col de Creu
Ce territoire est relié à Olette et à Mont-Louis mais ses voies routières forment un triangle de routes desservant les quatre villages, ainsi désenclavés par trois entrées/sorties différentes.


Les voies qui se terminent au village – le passage des ponts :

➽ les voies sans issue sont nombreuses. Et en termes de perception des paysages, ces voies ne sont pas différentes des autres ;
➽ simples ponceaux sur des ruisseaux qui enjambent une route ou grands ponts connus et ouvrages d’art remarquables, les ponts sont a priori bien intégrés au paysage. Ils offrent généralement des vues ouvertes pour les piétons.

Les paysages agricoles

Malgré un relief de montagne, la population des villages a mis en valeur toutes les terres exploitables, y compris sur les versants abrupts, en construisant notamment des terrasses de cultures. Les canaux d’arrosage témoignent eux aussi d’une grande maîtrise, tant sur le plan technique et visuel que sur le plan de l’organisation sociale de son usage.

Les cortals, eux aussi, sont les témoins d’une activité passée intense (élevage en milieu de moyenne montagne). Abandonnés après la déprise agricole d’après-guerre et à cause de l’évolution des pratiques d’élevage, ils sont aujourd’hui des éléments forts du patrimoine pastoral.

L’approche des villages par la route

Trois processus :
➽ l’approche par une voie unique, et souvent dans un seul sens d’arrivée, donne une ou deux entrées de village seulement ;
➽ il faut faire la différence entre l’implantation du village et la limite communale ;
➽ la notion d’enclavement se pose.


La question de l’approche des villages par les routes pose bien évidemment celle des échappées visuelles. Elles ne sont parfois qu’un point, qu’une couleur : un sommet enneigé, une tour à signaux, un pont, un viaduc…

(cf. : cahiers de préconisations d’aménagement des axes de communication)

Quatre types d’échappées visuelles

➽ les vues lointaines : Le panorama ne donne pas une quantité très importante d’informations, mais il donne un certain plaisir ;
➽ les vues rapprochées : comme par exemple le resserrement de la vallée de la Têt à Thuès-entre-valls ; le regard, même dominant à partir d’un point de vue perché, est contraint ;
➽ des motifs de paysage à « caractère universel » ;
➽ la vue cadrée, imposée : les ponts ; toute personne, bien qu’ayant le choix entre les deux côtés, prendra en photos les jardins en terrasse ;
➽ le réseau des tours à signaux : un réseau de tours et d’églises qui communiquent entre elles.

Les mutations des villages

Certains villages ont peu à peu perdu leurs habitants jusqu’à leur disparition quasi-totale. Certains d’entre eux connaissent aujourd’hui un certain renouveau grâce, par exemple, à la naissance de chemins de grande randonnée, la création d’auberges… ou au tourisme.
Il est important de souligner que la reprise des villages se fait très souvent dans le respect du bâti. Les maisons sont reconstruites et les ruines réhabilitées dans le souci de conserver l’homogénéité architecturale.



Dossier de restitution : Nathalie DUMONT FILLON et Xavier DAURES;
Crédit photographique : Nathalie DUMONT FILLON, Xavier DAURES et Nicolas PETTINI;
Coordination : Parc naturel régional des Pyrénées catalanes;
Comité de pilotage composé des élus de la Commission urbanisme et aménagement et de monsieur Grégoire VALLBONA - Maire d’Egat,
Vice-président du Parc et Président de la Commission urbanisme et aménagement ;
Soutien technique et financier : Conseil Général des Pyrénées Orientales, du Conseil Régional de Languedoc Roussillon, de l’Europe et du programme LEADER +, de l’Etat et notamment de la DIREN Languedoc Roussillon ainsi que de l’ensemble des partenaires du Parc : DDE 66, DDAF 66, Chambre d’Agriculture 66, ONF 66, RTM 66, CAUE 66, SDAP 66, SAFER Languedoc Roussillon, Odit France.