Charte de paysage & d’urbanisme - tet

L'encart du randonneur


Gorges et vallée de la Carança

C’est au départ du village de Thuès-entre-Valls, à l’altitude de 800 mètres, que débute le sentier très réputé des Gorges de la Carança. Cette vallée emblématique, qui connaît une fréquentation très élevée, a été classée monument naturel au titre de la loi du 2 mai 1930. L’aménagement d’un parking (de 200 places, payant) permet d’éviter tout encombrement du village.

Une arche de pierre, sur laquelle est apposé un panneau de mise en garde avertissant les visiteurs de la dangerosité potentielle de l’itinéraire, signale l’entrée des gorges : le randonneur s’engage sur un long itinéraire, où certains passages délicats exigent à la fois de l’assurance et une bonne condition physique. Le sentier qui longe la paroi rocheuse, en rive droite du torrent, bifurque rapidement en deux branches. La plus intéressante est de loin celle qui emprunte la corniche, creusée à même la paroi par les mains de l’homme. Elle permet d’accéder un peu plus loin aux passerelles et aux « ponts de singes » qui accompagnent ponctuellement le randonneur dans les passages délicats ; frôlant les parois, passant d’une rive à l’autre, bondissant de chaos en chaos, il instaure alors un dialogue avec le torrent dont le bourdonnement incessant le suit tout au long de l’itinéraire.


Les gorges s’ouvrent progressivement jusqu’à laisser place, plus haut, à une vallée largement évasée. Le sentier s’élève jusqu’au refuge du ras de la Carança, érigé à une altitude de 1 831 m sur le territoire communal de Fontpédrouse. Sur une distance d’environ dix kilomètres, ce sont ainsi 1 000 m de dénivelé positif que le randonneur aura gravi petit à petit, au prix d’un effort de quatre heures en moyenne. Le refuge est fort bien aménagé, gardé cinq mois de l’année (de mai à septembre) et particulièrement apprécié et fréquenté (il offre une capacité d’accueil de 30 places). De là, le randonneur peut soit rebrousser chemin, soit poursuivre le long du torrent jusqu’à l’Estany de Carança, et plus haut, jusqu’aux étangs Noir et Bleu, logés au pied des Pics de la Vaca. Seul la présence d’un sentier en pointillé, dont le balisage n’est plus assuré, trahit en ces lieux l’empreinte de l’homme.

La géologie explique la configuration particulière de la vallée, évasée en amont (le sol est formé de gneiss) et très encaissée à l’aval (les gorges calcaires). Sur quinze kilomètres et 1 500 mètres de dénivelé, l’étagement de végétation est impressionnant et particulièrement didactique. On passe en effet d’une forêt de feuillus luxuriante au départ des gorges, aux pelouses alpines au niveau de l’Estany de la Carança en passant par la forêt de Pins à crochets à hauteur du refuge !

La vallée de la Carança est également accessible par le large col Mitjà, véritable passerelle permettant de rallier la vallée adjacente de l’Orry (ou de la Riberole). Cette dernière, moins fréquentée, est tout aussi remarquable que sa voisine. À la belle saison a lieu la transhumance à pieds qui conduit les troupeaux vers les estives. L’accès à la Carança depuis la vallée de la Têt ne peut se faire que par le col Mitjà, les gorges au départ de Thuès étant infranchissables par le bétail…



Dossier de restitution : Nathalie DUMONT FILLON et Xavier DAURES;
Crédit photographique : Nathalie DUMONT FILLON, Xavier DAURES et Nicolas PETTINI;
Coordination : Parc naturel régional des Pyrénées catalanes;
Comité de pilotage composé des élus de la Commission urbanisme et aménagement et de monsieur Grégoire VALLBONA - Maire d’Egat,
Vice-président du Parc et Président de la Commission urbanisme et aménagement ;
Soutien technique et financier : Conseil Général des Pyrénées Orientales, du Conseil Régional de Languedoc Roussillon, de l’Europe et du programme LEADER +, de l’Etat et notamment de la DIREN Languedoc Roussillon ainsi que de l’ensemble des partenaires du Parc : DDE 66, DDAF 66, Chambre d’Agriculture 66, ONF 66, RTM 66, CAUE 66, SDAP 66, SAFER Languedoc Roussillon, Odit France.