Charte de paysage & d’urbanisme - cerdagne

Les enjeux


La variété des paysages urbains
De nombreux facteurs contribuent à la diversité des paysages urbains rencontrés dans le Parc, tant du point de vue de l’organisation urbaine que de la typologie des constructions. La diversité des sites et des historiques des différentes communes confère à chacune d’elles une spécificité qui doit être évaluée et prise en compte

Le relief du Carol

Quatre grandes catégories de paysages urbains découlent principalement

des caractéristiques locales du relief :
➽ les vallées ouvertes : la vallée du carol et la vallée de Lanoux ;
➽ la plaine agricole : lieu ou la vallée s’ouvre sur la plaine et lieu de confluence des rivières Carol et Sègre où le bocage cerdan structure les espaces agricoles entre les villages ;
➽ les versants boisés : le bac (ubac) versant à l’ombre et la soulane (adret) versant ensoleillé encadrent les vallées encaissées ;
➽ la haute montagne : le massif du Carlit et du Campcardos.

Les climats

Bien que très variés et échelonnés entre Méditerrannée et haute montagne, l’ensoleillement est une constante remarquable.

La vallée du Carol est protégée par les montagnes d’Ariège et d’Andorre, les pluies y sont donc plus faibles et l’ensoleillement plus abondant. L’altitude moyenne de la vallée est de 1 300 mètres, le climat y est plus sec que les régions voisines, exposées aux précipitations d’origine atlantique ou méditerranéenne.

Les matériaux

Ils contribuent fortement à la composition des paysages urbains. Le plus significatif est l’utilisation de la llose de couverture ou de ses produits de substitution, car le relief accidenté du site donne à peu près partout de nombreuses vues sur les toits et confère à ces derniers une importance paysagère évidente.

La llose, produit local, a longtemps été utilisée avant d’être remplacée par la llose calibrée, plus légère et moins coûteuse. Sa réhabilitation, ne pouvant pas être toujours possible, pose ainsi une vraie question.

L’habitat

L’habitat rural lié à l’agriculture est, lui, en voie de disparition ainsi que les pratiques qui l’ont engendré. Les mutations du monde agricole ont rendu obsolètes la plupart des formes d’exploitations rurales. La mécanisation a forcé à la spécialisation des activités, induit le regroupement foncier ou la déprise des terres difficiles.

Les nouvelles formes d’habitat

Le récent renversement de la tendance démographique (1980/90) qui ramène dans les villages ou leurs abords ceux qui quittent la ville ont constitué une nouvelle forme d’habitat. Un nouveau rapport s’est instauré entre les arrivants, leur environnement et leur habitat : affranchissement du contexte, destructuration et banalisation des paysages.

D’un point de vue architectural, les volumes se sont ouverts, schématisés, et le terrain devient le simple support de la maison.

Le décalage entre le caractère rural initial et la destination essentiellement touristique des constructions nouvelles est ainsi accentué.

Les objectifs et enjeux particuliers

La réhabilitation, la rénovation des constructions anciennes suit le mouvement général de détachement de la ruralité. C’est socialement et techniquement inévitable. Il paraît cependant indispensable de proposer de bonnes références pour la sauvegarde et la mise en valeur des éléments existants lorsqu’ils constituent un enjeu patrimonial intéressant.
Il est à noter que les interventions des services de l’État, du CAUE, des architectes… ravivent ce goût pour le respect et la valorisation du patrimoine.


L’enjeu aujourd’hui est donc de fixer les bonnes pratiques de cette approche de valorisation des patrimoines et les outils ne se trouvent pas uniquement dans les documents d’urbanisme.
(cf. : cahiers de préconisations et guide pratique du Parc des Pyrénées catalanes)


Il s’agira d’une part, de fixer les objectifs visés, les types d’ouvrages devant être conservés, la bonne façon de les réutiliser et de les préserver, les précautions à prendre pour ne pas les dénaturer ; et d’autre part, de prouver que la préservation d’un ouvrage et sa mise en valeur peuvent faire partie d’un programme de réhabilitation où il trouvera son utilité.

Enfin, il faudra trouver les moyens d’un arbitrage statuant sur chaque projet pour évaluer la part à faire aux contingences actuelles et celle qu’on doit conserver au patrimoine commun.

Il s’agit là d’une pratique plus pédagogique que réglementaire, tentant d’intervenir en amont sur les projets, plutôt que de s’en référer au pouvoir de police du maire.

Les impacts sur le paysage

Les situations communales se trouvent parfois très dépendantes de leurs particularités géographiques, historiques ou simplement confrontées à une évolution conjoncturelle marquée, susceptible d’influencer leurs devenirs et leurs paysages. Par exemple, les communes comportant une station de ski.
On peut alors constater une polarisation des regards sur la situation communale et son développement.


Ce qui peut conduire à répondre de façon massive à la demande foncière, à la construction de nouveaux immeubles, nouveaux hôtels… dans le but de répondre à une demande et de générer du développement au détriment de quelques principes tels que l’économie de l’espace, la préservation des ressources naturelles, l’optimisation des déplacements, la mixité…
On se heurte alors à deux problèmes :
➽ la croissance ne pourra pas être infinie ;
➽ le développement urbain n’est pas réversible (ou très difficilement).
Il faut donc être très prudent et la logique économique doit concilier la logique sociale, environnementale et paysagère.


Il est alors essentiel de recourir à une méthode de conception qui s’entourera dès le début de toutes les compétences et avis, concernant l’opportunité du projet, son site, son importance ou sa forme.



Dossier de restitution : Nathalie DUMONT FILLON et Xavier DAURES;
Crédit photographique : Nathalie DUMONT FILLON, Xavier DAURES et Nicolas PETTINI;
Coordination : Parc naturel régional des Pyrénées catalanes;
Comité de pilotage composé des élus de la Commission urbanisme et aménagement et de monsieur Grégoire VALLBONA - Maire d’Egat,
Vice-président du Parc et Président de la Commission urbanisme et aménagement ;
Soutien technique et financier : Conseil Général des Pyrénées Orientales, du Conseil Régional de Languedoc Roussillon, de l’Europe et du programme LEADER +, de l’Etat et notamment de la DIREN Languedoc Roussillon ainsi que de l’ensemble des partenaires du Parc : DDE 66, DDAF 66, Chambre d’Agriculture 66, ONF 66, RTM 66, CAUE 66, SDAP 66, SAFER Languedoc Roussillon, Odit France.