Guide pratique architectural et paysager

Le Parc souhaite guider la réflexion lors des aménagements individuels et collectifs, privés et publics dans le but de poursuivre les orientations du Parc en matière d’urbanisme et de paysage.
Cette volonté a conduit le Parc naturel régional des Pyrénées catalanes à élaborer un guide pratique architectural et paysager pour aménager les paysages dans l’esprit des différentes entités paysagères du territoire du Parc. L’objectif général du guide est de décliner, les recommandations du Parc à travers une approche plus opérationnelle.
Plus spécifiquement ce guide permet de répertorier les matériaux anciens et nouveaux, les techniques de constructions favorables à l’intégration du bâti dans le paysage et au respect du patrimoine local.
Ce recueil de recommandations vous encourage à l’adaptation des caractères architecturaux et morphologiques traditionnels dans les constructions nouvelles et l’aménagement de leurs abords.

Plantations sur l’espace public Plantations sur l’espace public

Plantations sur l’espace public

Penser à la végétation comme outil de construction de l'espace public, pas seulement comme décor.
Planter des arbres est rarement possible dans les villages anciens. L’espace a été économisé et les maisons sont proches les unes des autres.
Les plantations sont souvent nécessaires et bienvenues dans les quartiers neufs situés à l’écart des centres anciens. Elles servent à hiérarchiser les voiries, les circulations, les places et à créer des points de repère visuels qui permettent de savoir où on est.

Penser à la végétation comme un élément de confort et de qualité de vie des habitants.
Si on pense tout de suite à planter de la végétation dans les quartiers neufs, on peut envisager les problêmes techniques en même temps et on peut aussi prévoir un budget. Quand tout est construit, il est trop tard !

 

Bassins de rétention

Parce que l'on n'a pas le droit de rejeter tout d'un coup beaucoup d'eau de pluie dans les réseaux publics, on doit la stocker et la laisser s'ecouler petit à petit..
Les endroits où l’eau de pluie est stockée peuvent être des espaces imaginatifs et participer à la composition du nouveau quartier. Ils peuvent aussi être plantés.

 

L’implantation

L’implantation la plus fréquente consiste à disposer le bâtiment simplement, parallèlement aux courbes de niveau et le grand côté face au Sud. L’horizontale du faîtage se confond alors avec les courbes de niveau.
Plus fondamentalement, l’implantation réussie d’un projet est le résultat d’une conjugaison des caractéristiques topographiques, climatiques et d’usage. Il en va de même de sa morphologie.

 

Morphologies

On privilégiera une volumetrie simple et compacte.
- Elle est dans la typologie locale.
- Elle est économe en énergie.

Respecter les gabarits et les proportions de hauteur et de largeur des bâtiments anciens.

Reprendre des typologies anciennes pour de nouveaux usages.

Respecter la hiérarchie des éléments de la composition. Les ouvrages secondaires (loggia, balcons, lucarnes, ...), doivent trouver leur place dans la volumétrie générale. Ce n’est pas en additionnant des éléments secondaires que l’on forme un tout.

Eviter la multiplication des excroissances trop nombreuses et hors d’échelle qui conduisent au morcellement de la forme générale. A partir d’un volume simple, des agrandissements peuvent trouver aisément leur place et dans le prolongement des typologies locales.

 

Plantations a coté d’une maison

Planter un ou plusieurs arbres à coté de la maison demande de respecter quelques règles si on ne veut pas que le végétal devienne un ennemi..
Bien choisi et planté au bon endroit, l’arbre fera de l’ombre sur la terrasse et son tronc ne gênera pas la vue sur les Pyrénées. Si la terrasse est au Sud, on plantera l’arbre de façon à se protéger du soleil chaud des après-midi.

Sur un terrain grand et proche du milieu naturel, on réfléchira aux plantations en regardant aussi ce que nous indique le paysage alentour.

Le système racinaire de l’arbre se développe sur une surface à peu près équivalente à la projection de la couronne.

 

Façades

Les façades principales sont toujours des façades rectangulaires, jamais en pignon.

Dans l’architecture traditionnelle, le plein du mur domine sur les vides des ouvertures.
Les ouverturessont plus hautes que larges dans une proportions de 1 pour 1,25 à 1,5, au rez-de-chaussée on trouve un rapport maximum de 1 pour 2 à 2,5
Sous les combles, les ouvertures sont plus petites et plus proches du carré.

La répartition des vides dans la façade s’organise généralement en travées, avec de temps à autre des inflexions et un soupçon d’aléatoire, mais toujours dans la sobriété.

La part trop importante des ouvertures dans la façade détruit la présence du mur.

 

Matériaux

MURS EN PIERRES APPARENTES. Les pierres utilisées dépendent de la géologie locale, ici essentiellement le schiste et le granit. La mise en oeuvre doit reproduire une certaine “spontanéité”. Le joint est simplement le résultat du recoupage du mortier de pose. Le mortier est composé de chaux naturelle, de sable et graviers locaux. Le ciment est à proscrire.
La TEXTURE des matériaux apparents en façade, qu’ils soient anciens ou contemporains, est déterminante dans la réussite de l’intégration du bâtiment dans son environnement, bâti ou non. Elle est définie par la couleur et la rugosité du parement.
Les ENDUITS anciens sont réalisés à la chaux naturelle. La mise en oeuvre est jetée ou lissée, on peu également réaliser un enduit “à pierres vues” qui recouvre en partie des pierres. L’enduit, ancien ou neuf constitue l’épiderme de l’édifice. Un résultat parfaitement plan et régulier n’est pas indispensable, une certaine irrégularité donne du modelé, de la texture au parement.
Les MATERIAUX CONTEMPORAINS (béton, bois, métal,...) peuvent trouver leur place dans la mesure ou ils réussissent à établir des relations.

 

Toitures

LE BOIS. Dans la région, le bois est toujours assujetti à la maçonnerie. Il est présent sous la forme de planches qui ferment une ouverture. Il n’a jamais la fonction de mur porteur. Les planches sont patinées et les teintes adoucies.

Les TOITURES sont majoritairement à deux pentes. On respectera les pentes traditionnelles de la région en fonction du matériau de couverture : lloses et ardoises en altitude et tuiles canal dans les plaines.
Pour faire un projet de construction, il ne faut pas hésiter à s’inspirer de typologies locales, comme par exemple les grands pans de toitures très débordant destinées à l’origine à protéger des aires d’activités agricoles.

PANNEAUX SOLAIRES ET TYPOLOGIES TRADITIONNELLES
Réfléchir à l’implantation des panneaux solaires dès la conception du projet pour éviter l’effet “rajouté”, insérer les capteurs dans le plan de la toiture. Pour implanter des capteurs solaires, il existe dans les typologies traditionnelles des éléments dont on peut s’inspirer. Les panneaux doivent devenir un élément d’une composition.

 

Contraintes techniques du végétal

QUAND ON PLANTE DES ARBRES ET DE LA VEGETATION SUR L’ESPACE PUBLIC, IL FAUT PENSER A PLUSIEURS CHOSES...

LA PLANTATION ELLE-MEME. qui, comme tous les travaux d’aménagement de l’espace obéit à des « règles de l’art ». Pour les marchés publics, ces règles de l’art sont décrites précisément par les maîtres d’oeuvre et imposées aux entreprises qualifiées qui répondent aux consultations.

LE TEMPS QU’UN ARBRE MET A POUSSER. Il convient d’être humble et patient par rapport aux arbres. Un arbre adulte peut mesurer jusqu’à 30 ou 40 mètres de haut pour les gros sujets (platanes, hêtres…). Même si les arbres poussent lentement, il ne faut pas les planter trop près des maisons ou des routes pour rendre possible leur cohabitation avec les gens sur une longue durée.

LE BUDGET. Les arbres ne coûtent pas très cher (entre 30 et 150€ pièce à l’achat dans une pépinière). Il faut penser aussi à tous les travaux de plantation qui doublent à peu près le prix de la fourniture.

L’ENTRETIEN DE LA VEGETATION. Les arbres sont vivants, il faut les entretenirs !